A brief history of Une Vie Pour Rien Vinyles

At the beginning, in 1997, UVPR? was a fanzine run by me (Ben) and David “Little”. It was the easiest way for me to support the scene. It was cheap, I had time. We put out seven issues in about 10 years. We finished with the three issues, #4, 6 and 7, where there was a 7″  included where there were unreleased titles of the bands interviewed. It gave a first experience of how we released records. And it made us want to start the label. Karott joined the crew in 2004. And several friends give us a hand for many years, especially Mélib, Julien, and Juvénile Raph our infographist.
One day we got the Janitors demo for the fanzine. It was a new band, from La Rochelle. We really liked it. It was great, rebellious, sung in French. It was a oi! band with young people.
The thing that didn’t exist at this time. The Oi! scene was a bit aging at the time. There had been the Teckels, Toltshock. They were a little older guys. There, it was the big freshness and then the lyrics were great. The music had a punk 77 side, pretty raw, which I loved too. I interviewed them directly. We got along great right away.
So we thought we’d put the label on because we didn’t want this band to go unnoticed. That went on and then there was no reason to stop there.
We don’t do any competitions specifically. If we find that there are records that are worth releasing, bands that we want to support, we release them. Over 60 records have been released thru UVPR Vinyles and UVPR Archives (our “old bands” sub-label) , and we always have the desire to continue. Ben

Interview parue initialement dans Arvar Fanzine Mai 2018

Au départ votre label n’existait pas. C’était un fanzine. Peux tu nous en dire plus Ben ?

Ben : Effectivement j’ai commencé avec le fanzine UVPR en 1997 avec un pote, David. Je n’avais pas d’argent. Je n’avais pas spécialement d’idées de ce que je voulais faire exactement mais je voulais soutenir la scène, je voulais faire quelque chose.
Du coup le moyen le plus simple c’était de faire un fanzine. Ça ne coûtait pas cher, j’avais du temps. Donc voilà, tout allait bien. J’ai envoyé des interviews à des groupes et puis c’est parti. Par la suite, j’ai sorti sept numéros en à peu près 10 ans. On a fini avec les deux numéros, le 6 et le 7, où il y avait un 45T inclus où il y avait des titres des groupes interviewés. Des titres inédits. Ça nous a fait une première expérience de comment on sortait des disques. Et ça nous a donné envie de monter le label.

Et pourquoi avoir choisi un morceau de Camera Silens comme nom? Que représente ce groupe pour vous ?

Ben : Camera Silens a toujours été mon groupe français préféré au niveau punk/Oi! Je ne me suis jamais lassé du premier album. Au niveau des textes, il y a tout le côté brut où l’on raconte sa vie. Il n’y a pas vraiment de réflexion ou de prise de position politique.

De façon brute on raconte la vie de la rue, de la classe ouvrière et c’est tellement bien fait qu’il y a aussi un côté politique. Après, j’adore le deuxième album aussi. Ce nom, « Une vie pour rien », c’était un titre d’une session inédite après le deuxième album. C’est un morceau que j’adorais, qui était jamais sorti à l’époque. Donc il était un peu moins connu. Et puis, en rajoutant un point d’interrogation, ça relativisait un peu le nom parce qu’on ne faisait pas un fanzine pour parler de suicide.

Illustration punx & skins Une Vie Pour Rien records
Camera Silens - Réalité
CAMERA SILENS Rien qu'en trainant LP
le groupe camera silens1

Et quand tu as commencé à évoluer dans la culture punk/Oi!, comment ça se passait les concerts ? T’étais à Paris, non ?

Ben : Oui, j’étais à Paris. Le premier concert de Oi! où j’ai été c’était Braindance à Tergnier, un concert à la campagne. Pour un petit punk de 16 ans ça pouvait faire un petit peu peur parce qu’il y avait pas mal de sales têtes, il y avait des bagarres à la sortie et puis les gens un peu plus vieux nous disaient qu’il fallait peut être pas trop rester là à boire des bières après le concert. A l’époque ça pouvait être un peu tendu comme le sont certains concerts maintenant mais c’était peut être un peu plus généralisé. Il n’y avait pas non plus beaucoup de monde dans la scène punk/Oi!, il n’y avait pas de groupe qui attirait un public un peu plus large. C’était vraiment très très…

Karott : Skinhead (rires).

Ben : Voila! (rires) Le public était très très resserré. Et toi, Karott ?

Karott : Oh la! Le premier concert ? Plus dans les trucs Oi! ? Un de mes premiers concerts vraiment punk ça a été Street Troopers en 1998 je crois. C’est vrai que les skins étaient beaucoup plus âgés que moi. Ça faisait un peu peur. Et puis ils avaient leur bande, et moi j’avais mon autre bande de copains, plus punks. Mais très vite je suis allée dans les concerts de Ska où il y avait aussi plein de skins et c’était super.
Il y a eu une grosse explosion de Ska vers 98. Il y avait plein de groupes à Montréal.
Mais oui, c’était un peu tendu car c’était la grosse époque où il y avait tous les nazis qui sortaient, le SHARP Montréal qui se formait… Mais comme j’étais plus dans le truc de jeune punk, je voyais un peu moins les choses comme Ben.

Et le label, comment c’est arrivé dans tout ça ?

Ben : Et bien nous avons reçu, un jour, la démo des Janitors pour le fanzine. C’était un nouveau groupe, de La Rochelle. J’ai vraiment trippé sur leur démo. C’était génial, rebelle, chanté en français. C’était un groupe de Oi! avec des jeunes.
Le truc qui existait plus. La scène Oi! était un peu vieillissante à ce moment là. Il y avait eu quand même les Teckels, Toltshock. C’était des gars un peu plus âgés. Là, c’était la grosse fraicheur et puis les textes étaient géniaux. La musique avait un côté punk 77, assez brut, que j’adorais aussi. Je les ai interviewés direct. On s’est super bien entendus de suite.

Et je me suis dit : « qui va sortir ce groupe-là ? ». Il y avait des petits labels qui sortaient des disques mais ils ne faisaient pas le même boulot que les gros labels allemands : soutenir un disque, organiser une tournée, faire la promo. Bref, pas seulement sortir le disque et attendre que ça se passe. Donc je me suis dit que je monterais bien le label parce que je ne voulais pas que ce groupe passe inaperçu. C’est parti là-dessus et après il n’y avait pas de raison de s’arrêter là.
On avait rencontré les gars de Swingo Porkies qui nous avaient filé une cassette avec deux titres inédits. On a donc lancé le label avec ces deux premières prods. Swingo Porkies a permis, en tant que vieux groupe, de faire connaître le groupe récent. Et comme ça nous a bien plu de sortir ces premiers disques, on a continué.

Karott : Ça c’était en 2004. Bientôt 14 ans… M…de! (rires)

Ben : Oui, on faisait encore le fanzine en parallèle.

Combien de vinyles avez vous sortis?

Ben: On est en train de préparer la prod numéro 47, l’album de Gonna Get Yours, qui sort le 19 mai.

Karott : « A thousand faces ».

Ben : On a fait une petite collection parallèle qui s’appelle UVPR Archives avec les albums de l’Infanterie Sauvage, Swingo Porkies… Des rééditions d’anciens groupes qu’on nous a proposées. Mais on fait pas de concours spécialement. Si on trouve qu’il y a des disques qui valent le coup d’être sortis, des groupes qu’on a envie de soutenir, on les sort. Après s’il y a un moment où on n’a pas le temps de sortir des disques, où on ne trouve pas de groupes spécialement intéressants ou à notre goût, on ne sort pas de disque, ça ne nous dérange pas. On fait ça totalement bénévolement, en mode associatif donc on n’a pas du tout de contrainte financière.

Karott : Je trouve aussi que l’intérêt du label c’est qu’on organise parallèlement des concerts.

 

Comment se sont passés les débuts du label ?

Ben : Déjà c’était pas pareil qu’aujourd’hui. Au début d’un label il faut arriver à se faire connaître. L’idée d’un label c’est quand même que quand on sort une nouvelle production il y ait tout un tas de gens qui se disent « j’ai déjà eu des trucs de ce label-là, c’était bien du coup je vais aller voir ce que ça donne et si ça me plait je l’achèterai.. ou je l’achèterai pas mais je le téléchargerai et j’irai voir le groupe en concert ». Bref, c’est intéressant pour ça aussi. Nous on s’en fout que les gens achètent ou pas.

Karott : Faut pas oublier qu’en 2004 il n’y avait pas Facebook. On envoyait beaucoup de promo dans les fanzines pour faire connaître le label, chose que maintenant on ne fait plus.

Ben : On le fait différemment parce qu’avant, effectivement , il fallait envoyer les disques, faire des cds gravés de promo, des présentations complètes, organiser des tournées pour les groupes, chose qu’ils font eux-mêmes maintenant.
Au début du label on était connus par le fanzine donc on avait un petit réseau mais on n’était pas connus en tant que label. Donc il y avait tout à prouver et puis la Oi! française c’était très anecdotique en dehors de la France. C’est à dire que nous avons vendu nos premières prods beaucoup en France mais en dehors, on ramait. Sauf en Allemagne, dès le début.

Karott : Au Pays Basque, en Espagne…

Ben : Oui, mais c’est venu après. Parce qu’on a fait un travail auprès des fanzines. On s’est fait connaître auprès d’eux et tous les fanzines espagnols se sont transformés en labels et en distros. Aux États-Unis/Amérique du Nord on n’a pas eu de distributeurs pendant des années.C’est hyper dur d’y être distribués mais depuis Maraboots

et ensuite bien sûr Lion’s Law on a eu énormément de distributeurs qui nous ont contactés. Voire des labels pour faire des versions US des disques, pour Lion’s Law, bien sûr, mais aussi pour Maraboots, même si ça ne s’est pas fait ou pour Bromure et le split avec Street Troopers.

C’est des trucs qui existaient pas avant parce que la Oi! française n’intéressait pas grand monde en dehors de la France et de quelques connaisseurs en Allemagne.
Il y a aussi une autre difficulté quand tu commences un label : quand tu sors un disque, avant de sortir le suivant il faut avoir récupéré un peu d’argent et avant de récupérer l’argent, ça prend beau-coup de temps, surtout avec les vinyles. On vend encore des disques qu’on a sortis il y a 10 ans. Maintenant on a de l’argent sur le compte du label mais au début, à chaque nouvelle prod on était obligés de mettre de l’argent personnel. Donc financièrement c’était plus compliqué. Maintenant on fonctionne en autonomie. Avec les ventes du label on arrive à financer les nouvelles productions.

 
8°6 CREW - Working class reggae LP
L'INFANTERIE SAUVAGE - Studio et démos volume 1 (1984-83) LP
OUTREAU 2ème EP

Avez vous eu l’occasion de sortir un vinyle qui sortait de l’ordinaire, un coup de cœur ?

Karott : Un truc juste pour se faire plaisir, comme ça ? Je trouve que tous les disques ont une histoire spéciale… Les disques de 8°6 Crew… c’est un des premiers groupes que j’ai vraiment écouté, aimé, suivi, apprécié.

Ben : 8°6 Crew c’est un groupe que je suis depuis leur tout début.Je les ai interviewés la première fois que je les ai vus. C’était leur deuxième concert. C’est le groupe que j’ai vu le plus dans ma vie. J’ai du les voir quarante fois jusqu’à leur premier split, début des années 2000, c’est à dire les 5 premières années du groupe. J’ai pas raté beaucoup de leurs concerts à Paris. Tous les morceaux d’ »Old Reggae Friends » je les connaissais par cœur avant qu’on ne reçoive les enregistrements. Quand on a sorti cet album, c’était des titres qui me tenaient à cœur depuis super longtemps. On peut dire que cet album est vraiment un coup de cœur. Je suis d’accord avec Karott.

Karott : Je rajouterais aussi l’Infanterie Sauvage parce que ça a été un des premiers groupes que j’ai écouté en Oi! française. Et j’ai trouvé ça super cool de sortir des archives parce que c’est un truc que j’avais en cassette, que j’ai écouté très jeune. Toi ça t’a pas fait un truc spécial l’Infanterie?

Ben : C’est surtout que j’avais bien usé les cassettes (rires) J’avais pas beaucoup à écouter les disques qu’on a sortis parce que j’avais l’impression de connaître les cassettes par cœur.

Pourriez-vous nous conseiller l’écoute d’un ou deux bons groupes en particulier ?

Ben : Je parlerais bien d’un album qui est passé un peu inaperçu en France et on a soutenu cette sortie-là : c’est Doubling Boys, groupe basque ressorti en vinyle par Primator Crew. Un super album qu’on a écouté en boucle quand il était sorti en cd. Le problème de sortir un album en vinyle six ans après le cd, c’est que ça ne fait pas un événement pareil que quand c’est une première sortie.
Et plus proche de nous on a eu le week-end dernier Années Zero de Lille qui ont joué dans un squat à Nantes et c’était génial, vraiment violent et super bon.

Karott : La cassette est carrément cool et les textes sont super bien. Je trouve qu’il y a toujours eu un truc spécial à Lille… Traître, Douche Froide.

Ben : Short Days…

Karott : Short Days, super bien!

Ben : Une scène qu’on soutient depuis un moment.

Karott : Super bon esprit

Des conseils à donner aux jeunes qui voudraient faire vivre la scène ?

Ben : Si t’as un peu de temps et pas beaucoup d’argent, comme pas mal de jeunes, fais un fanzine. Je me dis que vous avez bien raison car moi ça a été une super expérience de faire un fanzine. Je regrette de maintenant ne plus avoir assez de temps et peut être de motivation pour continuer à faire un fanzine mais j’ai toujours trouvé ça génial.

Karott : C’est vrai qu’avec les années on a beaucoup voyagé grâce au fanzine. Ben a eu plein de contacts et puis après les gens l’ont invité… puis nous ont invités.

Ben : On a rencontré beaucoup de monde, que ce soit des groupes, d’autres fanzineux…

Karott : Des gens qui avaient juste lu UVPR? dans les toilettes de chez un pote. On peut dire que partout en Europe il y a des fanzines Une vie pour Rien. Sinon, allez aux concerts, organisez des concerts aussi!

Ben : Ça demande un peu plus de contacts, un peu plus…

Karott : D’orga… Mais déjà, aller dans les concerts, rencontrer des gens. Ça donnera peut être aussi l’envie de prendre un instrument et jouer dans un groupe.Mais c’est une autre histoire!
Carry on et à bientôt en concert!

An daou asambles : Kenavo!

Doubling Boys e1616685529955
Short Days - Endless Winter b/w pigs in blue
Années Zéro
Traitre